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100 Bélugas (ou baleines blanches) prisonniers dans les glaces

de la zone de la Tchoukotka (Extrême-orient russe) !

 

 

 

Bonjour,

 

Nous en parlons beaucoup dans les journaux Canadiens, car notre pays possède des baleines blanches ou béluga dans leurs eaux.

Dans d'extreme-orient Russe, une centaine de bélugas sont pris au piège dans les glaces. Les Russes ont envoyés un brise de glace pour les aider mais les conditions climatiques compliquent le sauvetage.

Voici deux articles publiés dans les journaux français et une réponse sur le site canadien "Baleines en direct" publié par le "Groupe de Recherche des Mammifères Marins" (GREMM).

Le premier article de presse :

MOSCOU — Plus de cent baleines bélugas, une espèce protégée, sont piégées par la banquise en mer de Béring, a indiqué mercredi la région de Tchoukotka (nord-est de la Russie), appelant le gouvernement à dérouter un brise-glace pour venir en aide à ces cétacés en danger de mort."Un groupe de plus de 100 bélugas est coupé de la pleine mer et prisonnier des glaces en mer de Béring, à une quinzaine de kilomètres au sud du village de Ianrakynnot", indique le site des autorités régionales, chukotka.org . Cette localité est située à environ 300 km des côtes de l'Alaska et à quelque 6.000 km à l'Est de Moscou. Cette région russe au climat hostile est parmi les plus difficiles d'accès de la Russie. "Le gouverneur de Tchoukotka, Roman Kopine, a envoyé une lettre au ministre des Transports, Igor Levitine, et au ministre des Situations d'urgence, Sergueï Choïgou, pour qu'ils étudient la possibilité de l'envoi d'un navire brise-glace pour sauver les bélugas", poursuit le communiqué. Selon la même source, ces cétacés de couleur blanche, risquent de manquer de nourriture. Par ailleurs, l'avancée des glaces réduit peu à peu les surfaces où elles peuvent encore venir respirer. "Compte-tenu du manque probable de nourriture et de la vitesse à laquelle gèle l'eau, tous les animaux sont menacés d'épuisement et de mort", souligne le gouvernement de Tchoukotka, précisant que ces baleines ont été repérées par des pêcheurs mardi. Selon la même source, un remorqueur brise-glace, le Roubine, se trouve à une journée et demie ou deux jours du détroit de Siniavinsk où ces baleines sont piégées et pourrait donc leur porter secours. La baleine béluga ou bélouga est un cétacé protégé vivant dans l'Arctique. C'est l'une des trois espèces, avec l'ours polaire et le tigre de l'Amour, faisant l'objet d'un programme de protection spécial dirigé par l'homme fort de la Russie, Vladimir Poutine.Ces baleines peuvent mesurer jusqu'à six mètres et peser deux tonnes. Elles peuvent rester immergées pendant environ 25 minutes avant de revenir à la surface pour respirer. Le site consacré aux bélugas par M. Poutine explique que les scientifiques russes ne savent actuellement pas combien il reste d'individus de cette espèce, les études n'ayant repris qu'en 2008, après une pause de 30 ans. Ces baleines vivent dans les mers froides de l'Extrême Orient russe, mais aussi en mer Blanche et mer de Barents, des dépendances de l'océan Arctique, au nord-ouest de la Russie. Leur espace vital est menacé par l'industrie pétrolière, le réchauffement climatique et la chasse, selon les ONG de défense des animaux. "Actuellement le quota annuel de pêche est fixé à 1.500 bêtes, bien qu'il n'ait aucun fondement scientifique. Cela pourrait conduire à des prises excessives et entraîner des dommages pour les populations existantes", explique le site du Premier ministre russe. Des baleines sont régulièrement prisonnières des glaces dans l'Arctique, mais rarement en tel nombre. Le cas le plus célèbre remonte au mois d'octobre 1988 lorsque trois baleines grises ont été piégées par la banquise, au Nord de l'Alaska. L'une est morte d'épuisement mais les deux autres avaient pu être sauvées au terme d'une mobilisation de volontaires et des médias exceptionnelle, qui a conduit, à cette époque de guerre froide, à une coopération américano-soviétique exemplaire. Ce sont en effet des brises-glaces venus d'URSS qui ont finalement libéré les cétacés piégés dans les eaux américaines. Source : liberation.fr (14.12.11)

Le second article d'un second journal:

Le sauvetage de la centaine de baleines blanches bélugas (une espèce protégée) prisonnières de la banquise en mer de Béring est compromis par le mauvais temps. Ce dernier empêchait jeudi un remorqueur brise-glace de se rendre dans la zone de la Tchoukotka (Extrême-orient russe) où elles se sont retrouvées piégées, a annoncé le ministère russe des Transport. «Le remorqueur de sauvetage Roubine attend une amélioration des conditions météorologiques pour mener une mission pour délivrer les bélugas prisonniers des glaces», explique le ministère dans un communiqué. Le Roubine est actuellement confronté à des vents de 32 mètres par seconde et des vagues de 6 à 7 mètres de haut au large de la Tchoukotka, région située à l'extrémitié de la Russie (6.000 km de Moscou), face à l'Alaska, selon la même source. Elles risquent l'épuisement et la mort Les autorités de cette région ont appelé mercredi le gouvernement russe à dépêcher un brise-glace pour libérer les cétacés. Selon elles, ils risquent de manquer de nourriture. Par ailleurs, l'avancée des glaces réduit peu à peu les surfaces d'eau où les belugas peuvent encore venir respirer. A plus ou moins court terme, les baleines sont donc menacées d'épuisement et de mort . La baleine béluga ou bélouga est une espèce protégée vivant dans l'Arctique. C'est l'une des trois espèces, avec l'ours polaire et le tigre de l'Amour, faisant l'objet d'un programme de protection spécial dirigé par l'homme fort de la Russie, Vladimir Poutine. Des baleines sont régulièrement prisonnières des glaces dans l'Arctique, mais rarement en tel nombre. On apprenait par ailleurs, hier, que le Japon avait entammé sa campagne de pêche à la baleine, placée sous haute sécurité en raison de perturbations redoutées de la part d'écologistes. Le Japon qui prévoit de chasser 900 petits rorquals et rorquals communs, organise chaque année une telle campagne dans les mers du Sud au nom de la «recherche scientifique», une pratique tolérée alors que toute pêche à visée commerciale est interdite. Les autorités nippones ne cachent pas, toutefois, que les cétacés tués au nom de ces recherches finissent sur les étals de l'archipel. Source : leparisien.fr (14.12.11)

La réponse du GREMM :

Premièrement, il faut savoir que ce type d'incident est assez commun et fait partie de la vie normale des bélugas dans l'Arctique. Ces emprisonnements surviennent particulièrement lors de conditions très froides alors que la glace se forme rapidement. Les animaux emprisonnés meurent souvent de prédation par les ours polaires ou d'épuisement. Les incidents impliquant un grand nombre d'animaux semblent rares, mais, au Groenland, on fait état par exemple de 1000 bélugas pris dans la glace en 1915 et de 3000 en 1955. Les narvals, baleines boréales, rorquals bleus, etc. sont aussi susceptibles d'être piégés par les glaces. Entre 1868 et 1992, 41 rorquals bleus ont été retrouvés pris dans les glaces au sud-est de Terre-Neuve; 28 sont morts, cinq se sont échappés et huit ont connu un sort incertain.

Sachant cela, la question se pose: doit-on nécessairement intervenir? Faut-il interférer avec la nature? Quels sont les risques et les coûts d'une telle opération? Quels en sont les objectifs? Est-ce que cette intervention a un sens pour la conservation de l'espèce? C'est le cas si la population d'origine est petite et en péril, et que le sort des individus en difficulté peut avoir des répercussions sur le rétablissement de cette population. Agit-on simplement pour le bien-être de ces animaux? Faut-il le faire dans tous les cas? Seulement dans les cas où l'intervention est relativement simple et peu coûteuse? Ou quand la pression du public se fait intense via les médias? Et alors, est-ce vraiment pour les animaux ou pour que les responsables de l'intervention jouissent d'une bonne publicité? Cette publicité peut-elle en bout de ligne aider la population animale en sensibilisant le public à sa situation et en aidant à le mobiliser pour la protection de l'environnement?

C'est ce type de questions qui a dirigé le développement de la philosophie d'intervention et des principes éthiques qui guident le Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins ; un réseau qui a pour mandat d'organiser, de coordonner et de mettre en oeuvre des mesures visant à réduire les mortalités accidentelles de mammifères marins, à secourir des mammifères marins en difficulté et à favoriser l'acquisition de connaissances auprès des animaux morts, échoués ou à la dérive dans les eaux du Saint-Laurent. Ainsi, les membres du Réseau se sont entendus sur une philosophie plutôt “non-interventionniste” et ils agissent en priorité quand l'incident implique une espèce en péril ou quand l'incident a une cause humaine, ce qui implique une certaine responsabilité morale (ex. empêtrement dans un engin de pêche, déversement d'hydrocarbures, etc.). Pour en savoir plus sur les interventions et les urgences mammifères marins au Québec : http://www.1877-7baleine.net.


Je vais suivre avec attention la suite de ce dossier et nous espérons que ces baleines vont s'en sortir !

 

Bonne fin d'année 2011.

Julien Marchal - Grandes-Begeronnes - Canada - décembre 2011.